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Les têtes volantes est un projet en cours dont la première partie a eu lieu lors d'une résidence dans le désert d'Atacama au Chili à l'automne 2024. J'y ai réalisé une série de photos explorant la relation entre le corps et le territoire. Les images mettent en scène des personnages masqués dans différents lieux que j’ai explorés. Inspirés des masques traditionnels de carnaval, créés par des artisans locaux, ces visages ont été réinterprétés par des interventions textiles. Initialement axé sur l’enracinement des habitants et l’écosystème du désert, le projet a évolué vers une réflexion sur ma propre position d’étrangère confrontée à un environnement extrême. Je me suis notamment inspirée de la représentation populaire des sorcières au Chili : elles ne volent pas sur des balais. C’est la tête qui s'envole tandis que le corps reste vulnérable. Ces histoires ont nourri mes photos, où les personnages incarnent une dislocation symbolique : des corps étrangers, désorientés et impuissants face à un territoire qui leur échappe. Le projet soulève également des questions sur le climat et nos capacités d’adaptation face à des environnements en mutation.

 

Ce projet a également permis d'amorcer un virage dans ma pratique vers des techniques non-technologiques, renouant avec le corps, le geste, le savoir-faire et qui deviennent des façons de prendre soin. Ce soin est d’autant plus important dans un contexte d'inconfort occasionné par un environnement hostile. Dans le même sens, le travail de la laine est souvent associé à la protection (on peut penser aux tuques et aux mitaines en hiver). Le travail de la laine est également très important en Islande, comme au Chili.

Dans la ligné d’un travail axé sur le soin, je développe également une série de cyanotype en écho aux territoires visités. Le cyanotype, procédé photosensible, s’intègre dans une réflexion autour de la lumière et son importance comme marqueur du territoire. En plus de son lien avec la lumière, le cyanotype réagit aux tanins des plantes en changeant de couleur. Ce procédé nommé toning permet ainsi d’intégrer le territoire même dans la fabrication physique de l’image. Une fois les images crées, les cyanotypes sont assemblés à la manière d’une courtepointe, créant un paysage fictif, recomposé. Là encore, la courtepointe s’ancre dans une recherche sur le réconfort et le soin en contexte de territoires étrangers et extrêmes. 

Le projet est réalisé grâce au soutien de la mesure Première Ovation dans le cadre de l’Entente de développement culturel intervenue entre le gouvernement du Québec et la Ville de Québec.

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© 2023 par ERIC MEUNIER. Créé avec Wix.com

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